Publicité et économie

Un article de Sanspub.

La publicité est-elle favorable à l'économie ?

Sommaire

[modifier] concentration des activités

Avant tout, la publicité est favorable à la concentration des activités économiques. La démonstration est facile.

  • Avez-vous déjà vu votre commerçant de quartier, votre quincaillier, faire de l'affichage en 4x3 ?
  • En France, en 2000, 27 entreprises (soit 0,001%) représentent 20% du marché de la publicité ; moins de 1000 entreprises (soit 0,04%) représentent 80% du marché.

La publicité est massivement au service d'une poignée de firmes hégémoniques qui s'en servent, souvent illégalement en matière d'affichage, pour étouffer la concurrence.[1]

Lorsque l'on sait que les emplois sont dans les PME, on peut affirmer sans risque que la publicité est défavorable à l'emploi. Les publicitaires, et notamment les afficheurs, mettront toujours en avant un bénéfice à l'emploi provenant des emplois qu'ils ont créés. Cette approche est un leurre, leurs quelques emplois ne faisant pas le poids sur la balance... sans compter que les quelques emplois de l'affichage sont souvent peu enviables.

[modifier] progrès technologique

La publicité a après guerre aidé à la diffusion de produit de 1ère nécessité. En ce sens, elle a accéléré une amélioration des conditions de vie, fort appréciable. De nos jours, le contexte n'est plus le même. Les biens de 1ère nécessité sont connus, accessibles. La publicité ne vise plus qu'à écouler des biens de confort, voire totalement inutiles, avec une force de persuasion de plus en plus grande. De moins en moins, la société et le consommateur final n'en ont besoin.

[modifier] sur-consommation

La publicité joue certainement un rôle en matière de consommation : elle aide l'outil industriel à écouler les marchandise qu'il produit en gros volume. Ainsi, elle est à la base du modèle de la surconsommation, la consommation auto-alimentée. Si ce modèle a pu, pendant ces heures de gloire, constituer quelques grosses fortunes individuelles, il n'est à l'heure du développement durable, des ressources limitées, plus acceptables.

[modifier] démocratie et équilibre

Il ne peut y avoir de système économique sans régulation. Que penser d'un système d'affichage poussé à l'extrême, dans lequel les entreprises se ruineraient mutuellement pour communiquer de plus en plus sur des produits de plus en plus bon marché. La qualité laisse la place à la promotion sans limite. On ne peut concevoir une économie performante sans encadrement de la publicité. En matière d'affichage, la régulation doit être non seulement forte, mais également contrôlée, ne serait-ce que pour garantir l'équité des entreprises en matière d'accès à l'affichage.

[modifier] pouvoir d'achat

Le coût de la publicité est toujours supporté par le consommateur final. Cet "impôt" supporté par les foyers, indolore et illégitime car obligatoire et opaque, est loin d'être négligeable.

nbre de français60 000 000
nbre de foyers (4 personnes)15 000 000
budget annuel publicité par foyer1 200 € (à vérifier)
budget annuel publicité national18 000 000 000 €
budget mensuel publicité national1 500 000 000 €
coût mensuel par français25 €

Le montant total annuel précédent fait tourner la tête : il correspond à un volume de plus de 800 000 emplois (1200€/mois + charges 50%), ce qui dépasse probablement de loin ce que le domaine publicitaire génère comme activité.

Ainsi, une économie raisonnée, locale, de qualité, favorable à l'emploi n'a nullement besoin de la publicité pour son fonctionnement. La page régulation publicitaire et politique montre que la maîtrise de ce sujet n'est ni de gauche, ni de droite.

[modifier] Références et notes

  1. groupe Marcuse, De la misère humaine en milieu publicitaire, La découverte, coll. « Sur le Vif », Saint-Amand-Montrond (Cher), 09/2004, ISBN 2-7071-4420-7


Marie Bénilde, dans "On achète bien les cerveaux", Ed Raisons d'agir, mai 2008, page 10, parle de 31,8 milliards pour l'année 2005 (2 % du PIB), soit plutôt environ 44 euros/ Français/ mois.

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