Plaidoyer
Un article de Sanspub.
Lutter contre l'affichage publicitaire n'est-il pas un amuse gueule de bobo par rapport à d'autres problèmes mondiaux, comme la guerre, la famine, le sida, etc. ? Cette page vise à convaincre de l'inverse.
La publicité déclinée à l'aide des grands médias de masse (TV, affichage, magazines, radios...) est à l'origine de bien des maux des sociétés dites "modernes" : surconsommation de biens, de nourriture, notion de "marques", donc surproduction d'énergie, d'où besoin de nucléaire, de plus d'espace, de zones industrielles champignon, etc. Sans publicité à la télévision, le discours des gosses dans les cours de récréation et leur choix de nouvelles baskets serait bien différent. La publicité, c'est le carburant de la consommation : lutter contre la publicité, c'est attaquer le mal de la sur-consommation à la source ; lutter contre la publicité illégale, c'est défendre l'économie locale contre la délinquance des grandes puissances économiques.
Par ailleurs :
- il vaut mieux d'abord faire le ménage devant sa porte avant d'aller s'occuper des autres, d'où l'idée d'agir en France, dans sa région et au plus près de chez soi plutôt qu'ailleurs ;
- l'affichage publicitaire extérieur, vu à partir du domaine public, n'est pas évitable contrairement à tout le reste, et il est en plus généreusement illégal, ce qui est inacceptable ;
- comment peut-on imaginer de vivre en harmonie avec l'environnement si l'on apporte aucun soin à son cadre de vie de tous les jours ;
- le principe de la publicité régulée, c'est la possibilité d'exercer un droit de réponse : en matière d'affichage extérieur, ce principe est plus qu'une illusion.
extrait de l'argumentaire d'Yvan Gradis contre la publicité
- Ce n'est pas la publicité en tant que telle qui pose problème, mais l'agression publicitaire. Il faut bien avoir à l'esprit que dénoncer «la publicité» (y compris dans le présent exposé) constitue un abus de langage.
- La publicité, qui devait n'être qu'un outil économique, est devenue le décor de nos vies quotidiennes.
- À force d'être présente, la publicité pénètre jusqu'à notre vie intérieure qu'elle encombre de faux besoins et de fausses valeurs. On peut même parler d'une véritable idéologie imposée, ou plutôt insinuée, par une authentique propagande.
- Tous les défauts de la publicité peuvent être classés dans deux grandes catégories : violence et manipulation. Tout message ou procédé publicitaire est plus ou moins violent, plus ou moins manipulateur. La publicité idéale serait celle qui ne serait ni violente ni manipulatrice. Il en est qui se rapprochent de cet idéal.
- L'imagerie publicitaire, toute d'humour, de tendresse, de charme et de gaieté, sème le doute dans les esprits, instaure le soupçon généralisé, noie peu à peu l'ensemble de la population dans une indifférence inconsciente, source d'égoïsme. Elle sème la confusion et anesthésie les consciences. Censément lumineuse et instructive, elle constitue, en réalité, une forme d'obscurantisme.
- Dans une civilisation productiviste, économiste, comme la nôtre, il ne faut pas attendre du pouvoir politique, quel qu'il soit (de droite ou de gauche), qu'il réduise la place de la publicité. C'est de la population que doit venir la réaction, au sens profond du terme.
- Le citoyen peut beaucoup en matière de lutte antipublicitaire, mais il risque aussi de gaspiller beaucoup de temps et d'énergie en s'attardant sur des fronts où la bataille est perdue d'avance.
- La voie publique : l'affichage (ou publicité extérieure), tel qu'il est pratiqué, constitue l'agression majeure, dans la mesure où il touche tout le monde. Si la lutte antipublicitaire devait se dérouler sur un seul front, ce serait celui-là.

